Catégorie : Corée-Afrique

Les similitudes entre Corée et Afrique

  • Relations Afrique–Corée du Sud : Échanges économiques, coopération et influence culturelle

    Relations Afrique–Corée du Sud : Échanges économiques, coopération et influence culturelle

    Comme on pourrait le penser, les relations entre l’Afrique et la Corée du Sud ne s’inscrivent pas dans les anciennes routes commerciales. La Corée n’a jamais participé au commerce mondial des épices. Les liens entre les deux régions se sont développés dans un contexte international tendu.

    Durant les années 60, la Corée est fragilisée par le conflit interne avec la Corée du Nord. Dans un contexte diplomatique et géopolitique particulier, le pays cherche des alliés politique et développer des partenariats internationaux économiques .

    C’est donc, vers les pays d’ Afrique (Afrique de l’Ouest) qui ne sont pas proche du bloc communiste qu’elle se tourne à savoir : Sénégal, Côte d’Ivoire, Ghana ou encore Nigeria. Les échanges économiques se sont développés dans des secteurs clés.

    1. Domaine de développement économique:

    En effet, dans un premier temps, les relations économiques se sont développées principalement autour de secteurs stratégiques, liés aux besoins industriels et énergétiques. Les flux commerciaux ont concerné avant tout les matières premières, notamment le pétrole, le cuivre, le charbon et divers produits miniers, indispensables au fonctionnement des industries.

    Par la suite, ces échanges se sont élargis à des produits plus transformés, tels que les produits manufacturés, les pièces automobiles, ainsi que les machines et appareils mécaniques, témoignant d’une intensification des échanges industriels. Les navires et les combustibles ont également occupé une place importante dans ces relations commerciales, en raison de leur rôle clé dans le transport et l’approvisionnement énergétique.

    Parallèlement, les entreprises coréennes se sont montrées particulièrement actives dans plusieurs domaines majeurs, notamment la construction, l’ingénierie, l’énergie et les infrastructures. Ces secteurs ont ainsi constitué les premiers piliers sur lesquels se sont bâties les relations économiques entre les partenaires, avant de s’étendre progressivement à d’autres domaines.

    En complément de ces échanges commerciaux, la Corée du Sud joue également un rôle croissant à travers sa politique de coopération internationale. Elle met en place plusieurs programmes d’aide au développement, notamment à travers Korea Aid, visant à soutenir les zones rurales et les campagnes isolées dans certains pays africains comme l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya. Ces programmes se concentrent principalement sur des domaines essentiels tels que l’agriculture, la santé, l’éducation et les infrastructures locales, contribuant ainsi à améliorer les conditions de vie des populations.

    Enfin, certains pays africains, comme l’Angola, ont bénéficié de prêts coréens destinés à financer des projets dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie. Cela illustre l’importance grandissante de la Corée du Sud en tant que partenaire économique et acteur de développement, combinant échanges commerciaux, investissements et coopération internationale.

    2. Le rôle des ONG et des missions chrétiennes dans les relations Afrique–Corée

    Parallèlement à cela, un autre aspect important des relations entre l’Afrique et la Corée du Sud s’est progressivement renforcé : l’engagement humain et religieux. En effet, au-delà des échanges commerciaux et des investissements, la coopération entre les deux régions s’est également construite sur des initiatives sociales et communautaires.

    De nombreuses missions chrétiennes coréennes se sont ainsi implantées dans plusieurs pays africains. Elles ont joué un rôle notable en menant diverses actions dans des domaines essentiels tels que l’éducation, la santé, l’aide sociale et le soutien communautaire. Ces missions ont contribué à améliorer les conditions de vie de nombreuses populations, notamment dans les zones les plus isolées ou défavorisées.

    Par ailleurs, les ONG coréennes ainsi que les programmes de bénévolat international se sont fortement développés au fil des années. Ils constituent aujourd’hui un pilier essentiel de la coopération Afrique–Corée, en renforçant les liens humains et culturels tout en participant activement au développement local.

    3. Corée du Sud et Afrique : une coopération de plus en plus structurée

    Dans la continuité du renforcement des échanges et de relations de plus en plus structurées entre l’Afrique et la Corée du Sud, plusieurs initiatives ont été mises en place afin de consolider la coopération entre les deux continents.

    Parmi elles figurent des forums de dialogue et de partenariat, dont le premier s’est tenu à Séoul et a réuni plus de trente pays africains, tels que l’Afrique du Sud, l’Éthiopie, la République démocratique du Congo ou encore l’Angola.

    Ces rencontres ont permis de renforcer la coordination politique et économique, tout en ouvrant la voie à de nouveaux projets de coopération.

    Le Sénégal au cœur du partenariat entre la Corée du Sud et l’Afrique

    Dans ce cadre, le Sénégal occupe une place particulièrement importante. Le pays apparaît comme un partenaire stratégique dans la politique africaine de la Corée du Sud, notamment grâce à des investissements dans l’agriculture, la mécanisation agricole, le transport maritime et fluvial, mais aussi l’éducation et la santé.

    Cette coopération témoigne de la volonté coréenne de soutenir le développement local tout en consolidant ses liens économiques avec l’Afrique de l’Ouest.

    Le programme K-Rice Belt

    Cette dynamique se confirme également à travers l’initiative K-Rice Belt, lancée en juillet 2023 à Séoul. Ce programme vise à favoriser l’autosuffisance en riz dans plusieurs pays africains et concerne notamment le Sénégal, la Gambie, le Ghana, le Cameroun, l’Ouganda, la Guinée-Bissau et le Kenya.

    Ce projet illustre une volonté claire de bâtir une coopération concrète et durable, centrée sur la sécurité alimentaire et le développement agricole.

    Le premier Sommet Corée–Afrique

    Enfin, cette évolution des relations a été marquée par un événement majeur : le premier Sommet Corée–Afrique, organisé à Séoul en juin 2024.

    Ce sommet représente une nouvelle étape importante vers un partenariat fondé sur la croissance partagée, la durabilité et la solidarité. Placé sous le slogan « L’avenir que nous construisons ensemble : croissance partagée, durabilité et solidarité », il a réuni de nombreux pays africains et a donné une nouvelle impulsion au partenariat entre la Corée du Sud et le continent africain, confirmant l’importance stratégique de cette coopération.

    Dates clés

    • 1960 : Début des interactions commerciales entre les deux régions
    • 1980 : Développement des ONG et missions chrétiennes
    • 2006 : Séoul, Forum Corée-Afrique 
    • 2010 : investissements des entreprises coréennes (pétrole, cuivre, charbon)
    • 2023 : La K-Rice Belt
    • 2024 : Korea-Africa Summit
    • 2025 : Seoul Africa Festival

    4. Connexion culturelle de la Corée du Sud en Afrique

    Valeurs culturelle commune

    Au-delà des chiffres, des accords et des partenariats, les relations entre l’Afrique et la Corée reposent aussi sur des affinités culturelles plus profondes qui méritent d’être évoquées.

    Dans les traditions des deux pays, l’accueil et l’hospitalité occupent une place essentielle. La culture du partage se reflète par une table généreuse, abondante et variée. Recevoir ne se limite pas à un geste formel : c’est une manière d’honorer l’autre, de créer du lien et d’installer une relation de confiance.

    Cette culture du partage constitue un socle précieux dans les relations à l’autre et dans une envie de valoriser le lien.

    Quelques exemples pour illustrer mes propos : d’abord, je ne dirai qu’un seul mot : piment.

    C’est un marqueur culinaire dans les deux cultures, qui démontre bien cette connexion. Ingrédient central dans de nombreuses préparations africaines comme coréennes, il dépasse le simple rôle de condiment pour devenir un élément structurant de l’identité gastronomique.

    Autre illustration : la place centrale de la famille et le respect des aînés représentent un socle commun aux deux cultures. Ces valeurs influencent non seulement la sphère privée, mais aussi les dynamiques sociales et professionnelles, contribuant à façonner les modes de coopération et les relations de confiance.

    Pour approfondir ces dimensions culturelles, qui éclairent autrement les relations entre l’Afrique et la Corée, je vous invite à consulter les articles détaillés disponibles sur le blog.

    Le Soft Power de la Corée du Sud en Afrique

    En plus de, ces partenariats économiques, politiques, et lien culturel commun, l’influence de la Corée du Sud en Afrique ne repose pas uniquement sur les investissements ou l’aide au développement. En effet, la Corée du Sud développe également une stratégie d’influence culturelle de plus en plus visible, notamment grâce à son soft power.

    La diffusion mondiale de la K-pop, des Dramas coréens, du cinéma ou encore de la gastronomie contribue à renforcer l’image du pays et à susciter un intérêt croissant auprès des populations africaines, en particulier chez les jeunes générations.

    Ainsi, la coopération Corée–Afrique ne se limite plus aux domaines économiques : elle s’étend progressivement à une dimension culturelle et sociale, qui participe à renforcer l’attractivité et la présence coréenne sur le continent.

    C’est dans cette dynamique que le Seoul Africa Festival(défilé de mode), à vu le jour, dont la 8ème édition a été organisé à Séoul au Dongdaemun Design Plaza en septembre 2025.

    On peut aussi parler du Festival coréen Hanmadang, un événement culturel organisé à Dakar (Sénégal) pour faire découvrir la culture coréenne — avec activités, musique, nourriture, K-Pop et plus encore. 

    Hanmadang signifie littéralement “grand rassemblement” en coréen, et cet événement est un rendez-vous culturel autour des arts et traditions coréennes à Dakar.

    Je pense que ce genre d’événement est un moyen de permettre aux gens de mieux comprendre la langue, de l’étudier, et de pouvoir ensuite l’utiliser, possiblement dans un futur proche, lors d’un prochain voyage.

    Mais la question que tous les fans de K-pop commencent à se poser — puisqu’ils sont nombreux — c’est : à quand le premier concert de K-pop en Afrique, en Côte d’Ivoire, ou au Sénégal ?

    En effet, la question se pose car on a pu voir le groupe Japonais Flow (principal groupe qui a produit les OP/ED de l’animé Naruto) a réalisé son premier concert dans le continent africain en Cote d’ivoire le 31 Janvier 2026.

    C’est peut-être le début qui inciterait d’autres groupes à se produire en Afrique. 

    Pour conclure, entre coopération, développement et culture populaire, les relations entre l’Afrique et la Corée du Sud continuent de se construire, souvent discrètement, mais avec une ambition commune : avancer ensemble vers l’avenir.

     Merci pour votre lecture, dites-moi ce que vous en pensez? N’hésitez pas à laisser des commentaires!!

    À bientôt !

  • Découvrir les points communs entre la culture africaine et la culture coréenne

    Découvrir les points communs entre la culture africaine et la culture coréenne

    Quand la culture africaine rencontre la culture coréenne

    Dans cet article, j’ai envie de vous emmener à la découverte de similitudes étonnantes entre la culture africaine et la culture coréenne. Peut-être ne les avez-vous jamais vraiment remarquées, ou peut-être les avez-vous déjà ressenties sans pouvoir les expliquer clairement.

    L’habillement : une identité culturelle en Afrique et en Corée

    J’ai remarqué, dans la société coréenne et dans plusieurs sociétés africaines, une attention particulière portée à l’apparence et à la tenue vestimentaire. Ils parviennent à porter des tenues simples et à les endosser de manière chic et élégante, avec prestance. Une aura particulière s’en dégage.

    Des tenues simples peuvent ainsi être portées avec élégance et sobriété, donnant une impression de style sans nécessairement recourir à des vêtements sophistiqués. Cette manière de se présenter peut être perçue comme une forme de respect envers soi-même et envers les autres.

    Par exemple, un ensemble jogging/survêtement est une tenue des plus simples, et pourtant elle paraît plus stylée lorsqu’elle est portée par un Coréen. Il existe chez eux un véritable sens de l’habillement, ainsi qu’une importance accordée à l’apparence.

    Être correctement apprêté apparaît ainsi moins comme une question de mode que comme une habitude culturelle ancrée, où l’image personnelle et la présentation jouent un rôle social significatif.

    Cela se manifeste dans différents contextes sociaux, aussi bien lors d’événements particuliers que dans des situations ordinaires de la vie quotidienne, comme le travail ou les sorties courantes.

    En effet, j’ai vécu une anecdote à ce sujet lors de l’un de mes précédents postes. À cette occasion, la direction nous avait conviés à un événement organisé à l’extérieur. Avec une autre collègue de mon service, nous étions les seules à porter une tenue réellement adaptée à l’événement.

    Pont culturel familial : respect des anciens / importance du lien familial

    J’ai pu constater de nombreux points communs, plus particulièrement concernant l’importance des liens familiaux, ainsi que la place et le respect des aînés au sein de la famille.

    En effet, la famille occupe une place centrale aussi bien dans les cultures africaines que dans la culture coréenne. C’est un lien fort, inculqué dès le plus jeune âge, et qui peut être considéré comme presque universel dans de nombreux pays d’Afrique, mais aussi dans plusieurs pays d’Asie.

    J’en ai véritablement pris conscience lorsque j’ai commencé à me familiariser de plus en plus avec la culture coréenne. Je dirais qu’il existe une « hiérarchie familiale » qui serait la suivante:
    Grands-parents, parents, frères/sœurs aîné(e)s, cadets et le dernier, le « maknae ».

    La place des grands-parents est très importante dans ces deux cultures. Ils constituent souvent une source de transmission, tant sur le plan de l’histoire familiale que des valeurs culturelles.

    À travers leurs récits, ils partagent leur vécu, expliquent comment ils ont traversé certaines périodes de leur vie et transmettent des repères culturels et sociaux. Ils sensibilisent également à l’importance de la fraternité et du maintien des liens familiaux, que ce soit avec les parents — même lorsque les relations sont difficiles — ou entre frères et sœurs.

    Cette transmission semble se faire de manière particulièrement marquée par les grands-mères, qui apparaissent souvent comme plus expressives dans ce rôle. Elles jouent un rôle central dans le partage des valeurs en racontant leur histoire, leur manière de vivre et les enseignements qu’elles en ont tirés.

    Les grands-pères participent également à cette transmission, mais de façon parfois plus discrète.

    J’ai pu observer cet aspect à travers des contenus où des grands-parents étaient interviewés, mais aussi à travers mon expérience personnelle. Mes propres grands-parents nous ont transmis des éléments de culture, des valeurs familiales, l’importance du respect des parents et de l’effort pour les comprendre.

    Dans certains cas, cette transmission inclut également des valeurs religieuses lorsqu’elles sont présentes au sein des familles.

    Quand l’éducation passe avant tout : Corée et Afrique en perspective

    Ces similitudes au niveau des valeurs entre les cultures asiatiques et les cultures africaines se retrouvent également en termes d’éducation.

    Cette importance se manifeste aussi bien dans la vie quotidienne que dans les représentations culturelles, notamment à travers les dramas coréens : c’est un axe central et particulièrement visible.

    Les parents insistent beaucoup sur la réussite scolaire. Ils font énormément pour leurs enfants, ou du moins essaient de faire le nécessaire pour leur offrir de meilleures conditions de vie afin de faciliter leur apprentissage.

    Ils mettent un accent très fort sur les résultats à l’école, car ils souhaitent que leurs enfants bénéficient de conditions de travail meilleures, ou au moins équivalentes, aux leurs, en fonction des postes qu’ils occupent. Ils veulent également éviter que leurs enfants aient à subir les difficultés ou les déconvenues qu’eux-mêmes ont pu connaître.

    Les parents rappellent souvent qu’eux n’ont pas eu les mêmes opportunités que celles dont nous disposons aujourd’hui en matière d’éducation et d’accès aux études. Par exemple : « Moi, plus jeune, je partais à pied dans le village pour étudier », ou encore : « Je n’ai pas pu aller à l’université ».

    C’est dans cette logique que l’éducation scolaire prend une place essentielle. Les parents encouragent souvent leurs enfants à se tourner vers des métiers reconnus, associés à un certain statut social, comme ingénieur, médecin, avocat, dirigeant, ou encore à créer leur propre entreprise.

    La place du futur métier dans l’éducation apparaît ainsi comme un élément commun entre ces cultures, et c’est ce qui ressort clairement de mes observations.

    Et cela tend à changer à l’avenir avec la nouvelle génération, qui souhaite que ses enfants puissent exercer des métiers plus en phase avec leurs aspirations, notamment dans le domaine artistique : chanteur, danseur, céramiste… Ils souhaitent également un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

    Il me semblait important de souligner qu’il existe de nombreuses similitudes entre ces deux cultures, des éléments que l’on peut parfois observer sans nécessairement les analyser en profondeur.

    Ces points communs, qu’il s’agisse des valeurs familiales, de l’éducation ou de certaines pratiques culturelles, permettent à de nombreuses personnes de s’y identifier.

    J’espère qu’il vous aura intéressé. N’hésitez pas à partager votre point de vue : êtes-vous d’accord ou non avec ces observations ? Avez-vous identifié d’autres valeurs ou aspects culturels similaires ? Vous reconnaissez-vous dans certains éléments évoqués ? Vos retours et vos réflexions sont les bienvenus.

  • 7 similitudes entre les cuisines africaines et la cuisine coréenne

    7 similitudes entre les cuisines africaines et la cuisine coréenne

    Bien plus qu’une histoire de cuisine

    Dans cet article, j’ai envie de vous emmener à la découverte de similitudes étonnantes entre la culture africaine et la culture coréenne. Peut-être ne les avez-vous jamais vraiment remarquées, ou peut-être les avez-vous déjà ressenties sans pouvoir les expliquer clairement.

    Nous allons bien sûr parler de cuisine, car l’alimentation occupe une place centrale dans les deux cultures. Vous verrez que ces ressemblances ne s’arrêtent pas aux plats que l’on partage autour de la table. Elles touchent aussi à la manière de manger et à l’art de recevoir.

    À travers cet article, je souhaite partager avec vous tout ce qui m’a interpellée : ces petits détails qui sautent aux yeux quand on prend le temps d’observer et de comparer.

    Des choses auxquelles vous avez peut-être déjà pensé… ou pas du tout. Des impressions parfois inconscientes, qui prennent soudain tout leur sens lorsqu’on les met en mots.

    Que vous soyez simplement curieux, ou que vous découvriez ces cultures pour la première fois, j’espère que cette lecture vous donnera envie de regarder ces traditions sous un nouveau jour.

    Alors, entrons ensemble dans le vif du sujet.

    1. L’art de recevoir: une table généreuse comme langage universel

    Avant même de parler des spécificités culinaires de deux continents, il me semble essentiel de commencer par ce qui les rapproche le plus : l’art de recevoir et l’art de la table.

    Dans les cultures africaine et coréenne, l’accueil, l’hospitalité et la joie de recevoir occupent une place centrale. Cette valeur commune se manifeste avant tout par un accueil chaleureux, qui se traduit très concrètement par une table généreuse, abondante et variée, composée de nombreux plats et accompagnements.

    La table devient alors un langage à part entière : elle dit « bienvenue », « fais comme chez toi », « mange à ta faim ».

    Personnellement, j’ai grandi dans cet esprit. Chaque week-end, la maison était remplie de membres de la famille ou d’amis. Pour ces occasions, un service bien particulier sortait des placards : le fameux service du dimanche, ou le service spécial invités, inutilisé le reste de la semaine et réservé exclusivement à ces moments de partage. Un rituel qui, à lui seul, témoignait de l’importance accordée à ceux que l’on reçoit.

    La composition des repas reflète aussi cette volonté de bien accueillir. On retrouve généralement deux ou trois plats en sauce en guise de plats principaux, accompagnés de deux ou trois féculents dits « secs » : riz, plantain, semoule et/ou chikwangue.

    À cela s’ajoutent les animaux de la terre et de la mer, préparés séparément, qu’ils soient en sauce, grillés ou séchés.

    Dans certains pays, tous les animaux peuvent se retrouver dans un même plat…

    Mais pas chez nous. Laissons-les séparés, s’il vous plaît ! — smiley rire

    Cette diversité n’est pas le fruit du hasard. Elle répond à un objectif précis : faire plaisir au plus grand nombre et s’assurer que chaque invité trouvera au moins quelque chose à manger en fonction de ses goûts.

    2. Le piment : un ingrédient-symbole, bien plus qu’un condiment

    Impossible d’évoquer les cuisines africaine et coréenne sans parler d’un élément fondamental : le piment.

    Dans les deux cultures, le piment est un accompagnement phare et un ingrédient indispensable. Sur les tables africaines, il trône fièrement, qu’il soit cuisiné sous forme mixée, en purée ou intégré directement aux plats.

    Il ne s’agit pas seulement d’un condiment, mais d’un véritable pilier de la cuisine, utilisé aussi bien dans les plats à base de viande que dans les préparations végétariennes.

    Dans la culture coréenne, le piment joue également plusieurs rôles : ingrédient, condiment et même accompagnement à part entière. À travers les dramas, puis lors de mon voyage en Corée, j’ai fait un constat évident : le kimchi est, en quelque sorte, l’équivalent du piment africain.

    Le kimchi est présent partout. Il entre dans la composition de nombreux plats, au même titre que les carottes, les oignons ou l’ail. Il est à la fois utilisé comme ingrédient, comme condiment et comme accompagnement, en tant que banchan.

    Une table coréenne semble incomplète sans lui. Son absence est rare et, lorsqu’elle se produit, elle est rapidement corrigée.

    Ainsi, tout comme le piment sur les tables africaines, le kimchi est un élément indispensable de la table coréenne : un symbole de saveur, d’identité et de tradition.

    3. Le riz : La base de la base : indétrônable, déclinée à l’infini

    Commençons par l’évidence !

    Avons-nous vraiment besoin de le présenter ? Eh oui, je parle bien sûr du riz.
    C’est tout simplement la base, dans les deux cultures. Un ingrédient phare, incontournable, indétrônable, presque irremplaçable. On le voit, on le vit au quotidien. Comment ? Le midi, pendant la pause déj, en cours ou au travail.

    Le riz, c’est ce pilier qui ne manque jamais. On peut poser cinq ou six accompagnements sur la table, ajouter des sauces, des légumes, des plats mijotés… le riz, lui, est toujours là. À sa place. Un peu comme le piment, non ?

    Il se mange de mille façons : nature, à la tomate, mélangé avec d’autres légumes et/ou légumineuses, avec d’autres variétés de riz (complet, noir, pilaf…) ou en sauce…
    Il est nourrissant, polyvalent, et reconnu pour ses bienfaits. Bref, il coche toutes les cases.

    Dans la culture africaine — notamment celle d’où je viens — on le retrouve sous différentes formes : riz long parfumé, riz thaï… Ce sont souvent les plus appréciés. Selon les plats, on utilise aussi du riz cassé, une ou deux fois cassé, ou encore du riz basmati, qui apporte une texture particulière et fait pleinement partie de certaines recettes traditionnelles.

    En Corée, le riz est tout aussi central, mais décliné autrement. Il peut être blanc et nature, ou bien mélangé à du riz complet, du riz noir, du riz rond, du riz gluant, parfois même à des lentilles ou d’autres céréales. Des variations simples, mais qui montrent à quel point le riz s’adapte aux habitudes et aux valeurs alimentaires de chaque culture.
    Au final, peu importe la forme qu’il prend : le riz reste ce point commun essentiel, ce socle autour duquel tout s’organise.

    4. Le poulet : un plat, une histoire, un moment de partage

    Pour le présenter, j’ai envie de commencer par son contexte culturel, car il dit beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

    Le poulet est l’un des animaux les plus élevés, aussi bien en Afrique qu’en Asie — et d’ailleurs dans de nombreuses régions du monde. La raison est simple : c’est un aliment relativement abordable, et son élevage demande peu de moyens. Historiquement, cela en a fait l’une des sources de protéines les plus consommées, aussi bien dans les pays africains que dans les pays asiatiques.

    Mais au-delà de cet aspect pratique, le poulet est surtout un aliment universellement apprécié. Il se décline de mille façons : grillé, braisé, frit, en sauce, mijoté… Chaque culture, chaque famille, parfois même chaque personne, a sa propre manière de le préparer.
    Il est généreusement assaisonné. Les épices, les marinades et les sauces lui donnent toute sa personnalité.

    Le poulet se mange rarement seul. C’est un plat qui appelle le partage. On le déguste en famille, entre amis, autour d’une table. Il crée une ambiance : on discute, on rit, on se souvient, parfois on se tait. Il y a une forme de nostalgie qui l’accompagne, presque naturellement.

    Il est généralement servi avec des accompagnements simples mais essentiels : du riz, des frites, des salades, des bananes plantain… Des choix qui, là encore, se ressemblent beaucoup d’une culture à l’autre.

    Et surtout, à cela s’ajoute la boisson qui l’accompagne. Une boisson bien fraîche, une bonne bière, parfois un alcool partagé tranquillement, comme un sommelier ou un vin rosé. Ce détail compte énormément : il participe pleinement à l’expérience, à l’ambiance et au plaisir du moment.

    Pour moi, le poulet n’est pas qu’un plat. Il symbolise une culture, une identité, un moment de rassemblement. Il nourrit le corps, bien sûr, mais aussi les liens entre les personnes.

    5.Le porc : une philosophie, quand rien ne se perd

    L’expression « tout est bon dans le cochon » prend tout son sens quand on observe les cultures africaines et coréennes. Dans les deux cas, le porc n’est pas seulement une viande : c’est un animal que l’on consomme presque entièrement, sans gaspillage.

    Que ce soit en Afrique ou en Corée, chaque partie a sa place dans la cuisine. Les travers, les côtes, le jarret, le museau, et surtout les pieds de cochon sont utilisés, transformés, valorisés. Cette manière de cuisiner raconte quelque chose de très fort : une cuisine ancrée dans l’idée que rien ne doit être perdu.

    En Angola, mais aussi dans plusieurs pays voisins, les pieds de cochon sont un plat apprécié, souvent préparé en sauce et longuement mijoté. C’est un plat que l’on consomme surtout pendant les périodes plus fraîches, comme l’hiver ou le début du printemps. Un plat réconfortant, qui rappelle la maison et les repas partagés.

    En Corée, on retrouve cette même logique avec le 족발 (jokbal) — jokbal bossam.
    Traduction française : pieds de porc cuits ou braisés.

    Comme en Afrique, le jokbal est un plat généreux, riche, que l’on ne mange pas à la légère. Il est souvent bouilli longuement, puis parfois grillé ou fumé, avant d’être partagé. Dans les deux cultures, ce n’est pas un plat du quotidien banal : c’est un plat qui marque un moment.

    Autre point commun frappant : la place accordée aux bienfaits du plat. Les pieds de cochon sont riches en collagène et, aussi bien en Corée que dans plusieurs cultures africaines, on associe ce type de préparation au bien-être. On ne parle pas forcément de nutrition de manière scientifique, mais de ressenti, de tradition et de transmission.

    Au final, ce parallèle Afrique–Corée montre une chose essentielle : malgré la distance géographique, on retrouve la même philosophie culinaire. Une cuisine qui nourrit le corps, respecte l’animal, suit les saisons et crée du lien autour de la table.

    6.Barbecue : une culture du feu et de la convivialité

    Le barbecue est, selon moi, l’une des pratiques culturelles les plus fortes que l’on retrouve aussi bien en Afrique qu’en Corée. Ce n’est pas simplement une manière de cuisiner, c’est un art de vivre, un véritable moment de vie.

    De mon point de vue personnel, le barbecue a toujours fait partie de la sphère familiale. Et surtout, chose importante : c’est une pratique qui ne se limite pas à une saison. Été comme hiver, on fait des barbecues. Cela peut surprendre, mais quand on y pense, ça fait totalement sens.

    En appartement, on s’adapte. Il existe des barbecues électriques qui permettent de faire griller à l’intérieur, fenêtre ouverte, surtout au printemps ou en été. Et dès qu’on a une maison, le barbecue devient presque permanent. Un rayon de soleil ? On sort le grill. De la pluie ? Tant qu’il y a une tonnelle, on fait griller quand même. L’hiver, tant que tu as un manteau et qu’il ne neige pas, let’s go. Le feu rassemble, peu importe la météo.

    Le barbecue est indissociable des moments de partage : réunions de famille, fêtes, anniversaires, retrouvailles entre amis, cérémonies de diplôme, baptêmes…

    On se rassemble autour du feu, on discute, on rit, on prend le temps. C’est exactement cette même logique que l’on retrouve en Corée, mais sous une autre forme.

    En Corée, le barbecue est partout. Dans les zones de restauration, on trouve des restaurants de barbecue coréen presque tous les 500 à 700 mètres. Et surtout, c’est une pratique valable toute l’année. Certains établissements proposent des barbecues all day long, sans distinction de saison. Là encore, le point central n’est pas seulement la nourriture, mais la convivialité et le partage.

    Et forcément, quand on parle de barbecue coréen, difficile de ne pas mentionner le porc. Le 삼겹살 (samgyeopsal) — poitrine de porc grillée — est presque incontournable. Et honnêtement… est-ce qu’on en parle ou pas ? J’ai l’impression que c’est l’un des meilleurs morceaux pour le barbecue (en vrai, c’est number one).

    Ce samgyeopsal me rappelle directement les barbecues de mon enfance : l’échine grillée, bien assaisonnée, posée sur le feu, entourée de discussions et de rires. À ce stade-là, tout est dit.

    Encore une fois, le parallèle est clair : que ce soit en Afrique ou en Corée, le barbecue n’est pas qu’un repas. C’est un rituel social, un espace de lien, une manière simple mais puissante de se retrouver autour du feu.

    7. Les fruits générosité et saveurs « hors normes »

    Lorsque l’on compare les fruits produits et consommés en Corée, en Afrique et en France, certaines différences frappent immédiatement, notamment en ce qui concerne leur taille et leur goût.

    En Corée et dans plusieurs pays africains, les fruits paraissent souvent beaucoup plus gros que ceux que l’on trouve habituellement en France. Cette différence de taille peut donner l’impression d’une production « hors norme » par rapport aux standards français.

    Cette générosité en volume a une conséquence directe : les fruits sont généralement très juteux. Leur texture est souvent plus riche en jus, ce qui peut rendre l’expérience gustative plus intense. Mais la différence ne s’arrête pas là : le goût varie également selon les régions de production.

    En effet, certains fruits consommés en Corée ou en Afrique présentent une saveur plus sucrée que leurs équivalents français. C’est notamment le cas des pommes et des raisins, qui peuvent sembler plus doux et plus sucrés au palais.

    Cette variation peut s’expliquer par plusieurs facteurs, comme le climat, les méthodes de culture ou les variétés cultivées, sans qu’il soit nécessaire d’y voir une règle absolue.

    Ainsi, au-delà de la simple apparence, la comparaison des fruits entre ces régions du monde met en lumière la diversité des saveurs et des textures, rappelant que l’alimentation est aussi une question de terroir et d’habitudes culturelles.

    Cet article a pour objectif de vous montrer qu’à travers des similitudes culinaires, on retrouve des valeurs partagées : l’hospitalité, la cuisine comme langage de partage, de respect et de convivialité, où chaque plat raconte une histoire et renforce les liens sociaux. Ces traditions, souvent perçues comme éloignées géographiquement mais profondément connectées.

    J’espère qu’il vous aura plu. N’hésitez pas à partager votre point de vue : êtes-vous d’accord ou non avec ces observations ? Avez vous d’autres plats/habitudes culinaires à partager?

    Vos retours et vos réflexions sont les bienvenus.

    Merci!