7 similitudes entre les cuisines africaines et la cuisine coréenne

Bien plus qu’une histoire de cuisine

Dans cet article, j’ai envie de vous emmener à la découverte de similitudes étonnantes entre la culture africaine et la culture coréenne. Peut-être ne les avez-vous jamais vraiment remarquées, ou peut-être les avez-vous déjà ressenties sans pouvoir les expliquer clairement.

Nous allons bien sûr parler de cuisine, car l’alimentation occupe une place centrale dans les deux cultures. Vous verrez que ces ressemblances ne s’arrêtent pas aux plats que l’on partage autour de la table. Elles touchent aussi à la manière de manger et à l’art de recevoir.

À travers cet article, je souhaite partager avec vous tout ce qui m’a interpellée : ces petits détails qui sautent aux yeux quand on prend le temps d’observer et de comparer.

Des choses auxquelles vous avez peut-être déjà pensé… ou pas du tout. Des impressions parfois inconscientes, qui prennent soudain tout leur sens lorsqu’on les met en mots.

Que vous soyez simplement curieux, ou que vous découvriez ces cultures pour la première fois, j’espère que cette lecture vous donnera envie de regarder ces traditions sous un nouveau jour.

Alors, entrons ensemble dans le vif du sujet.

1. L’art de recevoir: une table généreuse comme langage universel

Avant même de parler des spécificités culinaires de deux continents, il me semble essentiel de commencer par ce qui les rapproche le plus : l’art de recevoir et l’art de la table.

Dans les cultures africaine et coréenne, l’accueil, l’hospitalité et la joie de recevoir occupent une place centrale. Cette valeur commune se manifeste avant tout par un accueil chaleureux, qui se traduit très concrètement par une table généreuse, abondante et variée, composée de nombreux plats et accompagnements.

La table devient alors un langage à part entière : elle dit « bienvenue », « fais comme chez toi », « mange à ta faim ».

Personnellement, j’ai grandi dans cet esprit. Chaque week-end, la maison était remplie de membres de la famille ou d’amis. Pour ces occasions, un service bien particulier sortait des placards : le fameux service du dimanche, ou le service spécial invités, inutilisé le reste de la semaine et réservé exclusivement à ces moments de partage. Un rituel qui, à lui seul, témoignait de l’importance accordée à ceux que l’on reçoit.

La composition des repas reflète aussi cette volonté de bien accueillir. On retrouve généralement deux ou trois plats en sauce en guise de plats principaux, accompagnés de deux ou trois féculents dits « secs » : riz, plantain, semoule et/ou chikwangue.

À cela s’ajoutent les animaux de la terre et de la mer, préparés séparément, qu’ils soient en sauce, grillés ou séchés.

Dans certains pays, tous les animaux peuvent se retrouver dans un même plat…

Mais pas chez nous. Laissons-les séparés, s’il vous plaît ! — smiley rire

Cette diversité n’est pas le fruit du hasard. Elle répond à un objectif précis : faire plaisir au plus grand nombre et s’assurer que chaque invité trouvera au moins quelque chose à manger en fonction de ses goûts.

2. Le piment : un ingrédient-symbole, bien plus qu’un condiment

Impossible d’évoquer les cuisines africaine et coréenne sans parler d’un élément fondamental : le piment.

Dans les deux cultures, le piment est un accompagnement phare et un ingrédient indispensable. Sur les tables africaines, il trône fièrement, qu’il soit cuisiné sous forme mixée, en purée ou intégré directement aux plats.

Il ne s’agit pas seulement d’un condiment, mais d’un véritable pilier de la cuisine, utilisé aussi bien dans les plats à base de viande que dans les préparations végétariennes.

Dans la culture coréenne, le piment joue également plusieurs rôles : ingrédient, condiment et même accompagnement à part entière. À travers les dramas, puis lors de mon voyage en Corée, j’ai fait un constat évident : le kimchi est, en quelque sorte, l’équivalent du piment africain.

Le kimchi est présent partout. Il entre dans la composition de nombreux plats, au même titre que les carottes, les oignons ou l’ail. Il est à la fois utilisé comme ingrédient, comme condiment et comme accompagnement, en tant que banchan.

Une table coréenne semble incomplète sans lui. Son absence est rare et, lorsqu’elle se produit, elle est rapidement corrigée.

Ainsi, tout comme le piment sur les tables africaines, le kimchi est un élément indispensable de la table coréenne : un symbole de saveur, d’identité et de tradition.

3. Le riz : La base de la base : indétrônable, déclinée à l’infini

Commençons par l’évidence !

Avons-nous vraiment besoin de le présenter ? Eh oui, je parle bien sûr du riz.
C’est tout simplement la base, dans les deux cultures. Un ingrédient phare, incontournable, indétrônable, presque irremplaçable. On le voit, on le vit au quotidien. Comment ? Le midi, pendant la pause déj, en cours ou au travail.

Le riz, c’est ce pilier qui ne manque jamais. On peut poser cinq ou six accompagnements sur la table, ajouter des sauces, des légumes, des plats mijotés… le riz, lui, est toujours là. À sa place. Un peu comme le piment, non ?

Il se mange de mille façons : nature, à la tomate, mélangé avec d’autres légumes et/ou légumineuses, avec d’autres variétés de riz (complet, noir, pilaf…) ou en sauce…
Il est nourrissant, polyvalent, et reconnu pour ses bienfaits. Bref, il coche toutes les cases.

Dans la culture africaine — notamment celle d’où je viens — on le retrouve sous différentes formes : riz long parfumé, riz thaï… Ce sont souvent les plus appréciés. Selon les plats, on utilise aussi du riz cassé, une ou deux fois cassé, ou encore du riz basmati, qui apporte une texture particulière et fait pleinement partie de certaines recettes traditionnelles.

En Corée, le riz est tout aussi central, mais décliné autrement. Il peut être blanc et nature, ou bien mélangé à du riz complet, du riz noir, du riz rond, du riz gluant, parfois même à des lentilles ou d’autres céréales. Des variations simples, mais qui montrent à quel point le riz s’adapte aux habitudes et aux valeurs alimentaires de chaque culture.
Au final, peu importe la forme qu’il prend : le riz reste ce point commun essentiel, ce socle autour duquel tout s’organise.

4. Le poulet : un plat, une histoire, un moment de partage

Pour le présenter, j’ai envie de commencer par son contexte culturel, car il dit beaucoup plus qu’on ne l’imagine.

Le poulet est l’un des animaux les plus élevés, aussi bien en Afrique qu’en Asie — et d’ailleurs dans de nombreuses régions du monde. La raison est simple : c’est un aliment relativement abordable, et son élevage demande peu de moyens. Historiquement, cela en a fait l’une des sources de protéines les plus consommées, aussi bien dans les pays africains que dans les pays asiatiques.

Mais au-delà de cet aspect pratique, le poulet est surtout un aliment universellement apprécié. Il se décline de mille façons : grillé, braisé, frit, en sauce, mijoté… Chaque culture, chaque famille, parfois même chaque personne, a sa propre manière de le préparer.
Il est généreusement assaisonné. Les épices, les marinades et les sauces lui donnent toute sa personnalité.

Le poulet se mange rarement seul. C’est un plat qui appelle le partage. On le déguste en famille, entre amis, autour d’une table. Il crée une ambiance : on discute, on rit, on se souvient, parfois on se tait. Il y a une forme de nostalgie qui l’accompagne, presque naturellement.

Il est généralement servi avec des accompagnements simples mais essentiels : du riz, des frites, des salades, des bananes plantain… Des choix qui, là encore, se ressemblent beaucoup d’une culture à l’autre.

Et surtout, à cela s’ajoute la boisson qui l’accompagne. Une boisson bien fraîche, une bonne bière, parfois un alcool partagé tranquillement, comme un sommelier ou un vin rosé. Ce détail compte énormément : il participe pleinement à l’expérience, à l’ambiance et au plaisir du moment.

Pour moi, le poulet n’est pas qu’un plat. Il symbolise une culture, une identité, un moment de rassemblement. Il nourrit le corps, bien sûr, mais aussi les liens entre les personnes.

5.Le porc : une philosophie, quand rien ne se perd

L’expression « tout est bon dans le cochon » prend tout son sens quand on observe les cultures africaines et coréennes. Dans les deux cas, le porc n’est pas seulement une viande : c’est un animal que l’on consomme presque entièrement, sans gaspillage.

Que ce soit en Afrique ou en Corée, chaque partie a sa place dans la cuisine. Les travers, les côtes, le jarret, le museau, et surtout les pieds de cochon sont utilisés, transformés, valorisés. Cette manière de cuisiner raconte quelque chose de très fort : une cuisine ancrée dans l’idée que rien ne doit être perdu.

En Angola, mais aussi dans plusieurs pays voisins, les pieds de cochon sont un plat apprécié, souvent préparé en sauce et longuement mijoté. C’est un plat que l’on consomme surtout pendant les périodes plus fraîches, comme l’hiver ou le début du printemps. Un plat réconfortant, qui rappelle la maison et les repas partagés.

En Corée, on retrouve cette même logique avec le 족발 (jokbal) — jokbal bossam.
Traduction française : pieds de porc cuits ou braisés.

Comme en Afrique, le jokbal est un plat généreux, riche, que l’on ne mange pas à la légère. Il est souvent bouilli longuement, puis parfois grillé ou fumé, avant d’être partagé. Dans les deux cultures, ce n’est pas un plat du quotidien banal : c’est un plat qui marque un moment.

Autre point commun frappant : la place accordée aux bienfaits du plat. Les pieds de cochon sont riches en collagène et, aussi bien en Corée que dans plusieurs cultures africaines, on associe ce type de préparation au bien-être. On ne parle pas forcément de nutrition de manière scientifique, mais de ressenti, de tradition et de transmission.

Au final, ce parallèle Afrique–Corée montre une chose essentielle : malgré la distance géographique, on retrouve la même philosophie culinaire. Une cuisine qui nourrit le corps, respecte l’animal, suit les saisons et crée du lien autour de la table.

6.Barbecue : une culture du feu et de la convivialité

Le barbecue est, selon moi, l’une des pratiques culturelles les plus fortes que l’on retrouve aussi bien en Afrique qu’en Corée. Ce n’est pas simplement une manière de cuisiner, c’est un art de vivre, un véritable moment de vie.

De mon point de vue personnel, le barbecue a toujours fait partie de la sphère familiale. Et surtout, chose importante : c’est une pratique qui ne se limite pas à une saison. Été comme hiver, on fait des barbecues. Cela peut surprendre, mais quand on y pense, ça fait totalement sens.

En appartement, on s’adapte. Il existe des barbecues électriques qui permettent de faire griller à l’intérieur, fenêtre ouverte, surtout au printemps ou en été. Et dès qu’on a une maison, le barbecue devient presque permanent. Un rayon de soleil ? On sort le grill. De la pluie ? Tant qu’il y a une tonnelle, on fait griller quand même. L’hiver, tant que tu as un manteau et qu’il ne neige pas, let’s go. Le feu rassemble, peu importe la météo.

Le barbecue est indissociable des moments de partage : réunions de famille, fêtes, anniversaires, retrouvailles entre amis, cérémonies de diplôme, baptêmes…

On se rassemble autour du feu, on discute, on rit, on prend le temps. C’est exactement cette même logique que l’on retrouve en Corée, mais sous une autre forme.

En Corée, le barbecue est partout. Dans les zones de restauration, on trouve des restaurants de barbecue coréen presque tous les 500 à 700 mètres. Et surtout, c’est une pratique valable toute l’année. Certains établissements proposent des barbecues all day long, sans distinction de saison. Là encore, le point central n’est pas seulement la nourriture, mais la convivialité et le partage.

Et forcément, quand on parle de barbecue coréen, difficile de ne pas mentionner le porc. Le 삼겹살 (samgyeopsal) — poitrine de porc grillée — est presque incontournable. Et honnêtement… est-ce qu’on en parle ou pas ? J’ai l’impression que c’est l’un des meilleurs morceaux pour le barbecue (en vrai, c’est number one).

Ce samgyeopsal me rappelle directement les barbecues de mon enfance : l’échine grillée, bien assaisonnée, posée sur le feu, entourée de discussions et de rires. À ce stade-là, tout est dit.

Encore une fois, le parallèle est clair : que ce soit en Afrique ou en Corée, le barbecue n’est pas qu’un repas. C’est un rituel social, un espace de lien, une manière simple mais puissante de se retrouver autour du feu.

7. Les fruits générosité et saveurs « hors normes »

Lorsque l’on compare les fruits produits et consommés en Corée, en Afrique et en France, certaines différences frappent immédiatement, notamment en ce qui concerne leur taille et leur goût.

En Corée et dans plusieurs pays africains, les fruits paraissent souvent beaucoup plus gros que ceux que l’on trouve habituellement en France. Cette différence de taille peut donner l’impression d’une production « hors norme » par rapport aux standards français.

Cette générosité en volume a une conséquence directe : les fruits sont généralement très juteux. Leur texture est souvent plus riche en jus, ce qui peut rendre l’expérience gustative plus intense. Mais la différence ne s’arrête pas là : le goût varie également selon les régions de production.

En effet, certains fruits consommés en Corée ou en Afrique présentent une saveur plus sucrée que leurs équivalents français. C’est notamment le cas des pommes et des raisins, qui peuvent sembler plus doux et plus sucrés au palais.

Cette variation peut s’expliquer par plusieurs facteurs, comme le climat, les méthodes de culture ou les variétés cultivées, sans qu’il soit nécessaire d’y voir une règle absolue.

Ainsi, au-delà de la simple apparence, la comparaison des fruits entre ces régions du monde met en lumière la diversité des saveurs et des textures, rappelant que l’alimentation est aussi une question de terroir et d’habitudes culturelles.

Cet article a pour objectif de vous montrer qu’à travers des similitudes culinaires, on retrouve des valeurs partagées : l’hospitalité, la cuisine comme langage de partage, de respect et de convivialité, où chaque plat raconte une histoire et renforce les liens sociaux. Ces traditions, souvent perçues comme éloignées géographiquement mais profondément connectées.

J’espère qu’il vous aura plu. N’hésitez pas à partager votre point de vue : êtes-vous d’accord ou non avec ces observations ? Avez vous d’autres plats/habitudes culinaires à partager?

Vos retours et vos réflexions sont les bienvenus.

Merci!

Commentaires

Une réponse à « 7 similitudes entre les cuisines africaines et la cuisine coréenne »

  1. […] un marqueur culinaire dans les deux cultures, qui démontre bien cette connexion. Ingrédient central dans de nombreuses préparations […]

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